Prendre soin de la ressource végétale
Dans la dernière année, nous avions pour objectif de développer une cible de réduction pour nos émissions biogéniques liées à l’opération et à la gestion des tourbières. L’élaboration de cette cible a nécessité une réflexion approfondie et une mise en cohérence à plusieurs niveaux.
Pour nourrir notre réflexion et guider nos actions, nous avons participé proactivement aux avancées des standards internationaux en lien avec les méthodologies de calculs pour les émissions biogéniques, et suivi leur évolution.
Nous avons également mené des études approfondies liées à ces enjeux, collecté les informations scientifiques nécessaires et analysé l’empreinte et la performance de cette ressource végétale — en nous appuyant sur des principes d’analyse du cycle de vie (ACV). Cette analyse fine nous permet aujourd’hui de réaffirmer non seulement l’importance de la tourbe de mousse de sphaigne, mais aussi la nécessité d’en prendre soin pour les générations futures, comme nous le faisons depuis plusieurs décennies.
C’est le regard tourné vers l’avenir que nous avons pris le temps de réfléchir au chemin parcouru ces dernières années et de préciser notre intention future.
— Cette analyse fine nous permet aujourd’hui de réaffirmer non seulement l’importance de la tourbe de mousse de sphaigne, mais aussi la nécessité d’en prendre soin pour les générations futures, comme nous le faisons depuis plusieurs décennies. —
Une matière végétale au caractère unique
La tourbe de mousse de sphaigne joue un rôle essentiel dans la performance des substrats de culture, qui contribuent à leur tour à résoudre certains enjeux sociétaux tels que la sécurité alimentaire et le bien-être humain.
Ses propriétés distinctives, notamment la rétention d’eau, la rétention de nutriments, l’aération du sol, sa compatibilité avec les biostimulants et biocontrôles, de même que sa fonction phytosanitaire, font d’elle une matière unique et difficilement remplaçable.
Nous faisons usage de cette ressource végétale de manière responsable, guidés par une pensée à long terme, tout en contribuant positivement aux milieux dans lesquels nous sommes présents. Ces trois principes fondamentaux guident chacune de nos actions et décisions : la responsabilité, la longévité et la contribution.
La responsabilité se traduit par un engagement à gérer la ressource avec rigueur, à investir et à innover pour l’amélioration continue des méthodes de récolte et de restauration ainsi qu’à maintenir un dialogue ouvert et transparent avec les communautés locales.
La longévité, c’est agir aujourd’hui avec la volonté de préserver demain, en assurant la pérennité de la ressource pour les générations futures.
La contribution, c’est participer activement à l’évolution de l’industrie en collaborant avec la communauté scientifique et les parties prenantes, en investissant dans l’innovation et le développement des matières et des technologies du futur ainsi qu’en offrant un portfolio de produits qui contribuent à nourrir la population mondiale croissante et à embellir les espaces de vie.
Un cadre mondial en constante évolution
Dans un contexte international qui évolue constamment, les exigences en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), de préservation de la biodiversité et de restauration des écosystèmes se renforcent.
Elles prennent une place croissante dans les engagements internationaux et les politiques publiques. L’Accord de Paris, le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et la Stratégie pour la nature 2030 en sont quelques exemples.
Aujourd’hui, dans ce contexte en constante évolution, nous sommes invités à repenser notre engagement, à redéfinir nos actions et à les renforcer afin de répondre aux défis environnementaux actuels et futurs.
Pour nous, qui sommes engagés activement et de longue date dans la gestion responsable des tourbières et dans la mobilisation de l’industrie de la tourbe horticole, ce sont là des sujets auxquels nous comptons apporter notre voix.
— Aujourd’hui, dans ce contexte en constante évolution, nous sommes invités à repenser notre engagement, à redéfinir nos actions et à les renforcer afin de répondre aux défis environnementaux actuels et futurs. —
Des cibles ambitieuses et concrètes
C’est avec l’intention de constamment progresser et d’aller toujours plus loin que nous portons une attention particulière à l’évolution de la science et des enjeux entourant les émissions biogéniques. Nous nous assurons donc de rester connectés et alignés avec les différents cadres de préservation de la biodiversité et de maintien des services écosystémiques.
C’est en cohérence avec notre rôle de leadership au sein de l’industrie et en continuité avec nos efforts déployés depuis les années 90 que nous franchissons une nouvelle étape cette année. Nous nous sommes fixé trois cibles pour nos activités liées à l’opération de nos tourbières.
Notre ambition est de restaurer encore davantage nos tourbières, de raccourcir le délai entre leur fermeture et le début de leur restauration, et ainsi de réduire considérablement les émissions de GES de nos sites après la récolte.
Cible 1
Passer de 1 700 à 2 700 hectares de tourbières en restauration écologique, ce qui correspond à 70 % des surfaces de postproduction, d’ici 2030.
Cible 2
Assurer une mise en restauration de 100 % des tourbières dont la récolte est terminée, et ce, dans les trois ans suivant leur fermeture, dès 2030.
Cible 3
Diminuer de 50 % les émissions de GES de nos sites en postproduction, d’ici 2045.
Un engagement de longue date envers la restauration écologique
Lorsque les activités de récolte cessent sur une tourbière, plusieurs approches de restauration peuvent être envisagées, mais elles ne se valent pas toutes d’un point de vue environnemental.
Certaines méthodes de restauration visent seulement à recréer une couverture végétale, sans pour autant permettre à la tourbière de retrouver ses fonctions d’origine. Elles permettent donc d’assurer la gestion des émissions de GES, mais leurs effets sur la biodiversité restent limités.
D’autres méthodes visent à remettre en place les conditions nécessaires au retour des fonctions écosystémiques clés d’une tourbière. C’est le cas de la restauration écologique par transfert de la couche muscinale (MTCM) qui est basée sur la réintroduction active d’espèces végétales de tourbières et la gestion hydrologique. Cette méthode contribue à une réduction des GES tout en permettant le retour progressif de la biodiversité.
En effet, elle favorise la rétention de l’eau, la séquestration du carbone et le retour des mousses — des plantes typiques des milieux humides —, ainsi que des insectes, des oiseaux et d’une foule d’espèces qui vivent dans les tourbières.
— La restauration écologique par transfert de la couche muscinale (MTCM) contribue à une réduction des GES tout en permettant le retour progressif de la biodiversité. —
Même si cette méthode est plus complexe, c’est elle que nous préconisons depuis le début des années 90, car elle est fondée sur des connaissances scientifiques et une expertise issue d’années de recherche, d’observation, d’expérimentation et de mise en œuvre sur le terrain.
Nous réalisons également un suivi rigoureux sur plusieurs années afin d’évaluer la reprise de la végétation, le taux d’humidité, la dynamique de la faune et la stabilité du carbone.
Ces cibles de restauration et de réduction de GES s’accompagnent de plans d’action solides, conçus pour être à la hauteur de nos ambitions. Nous abordons cette nouvelle étape avec détermination, confiance et engagement.
* Cet article est extrait du Rapport Premier Tech 2025.
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